Les
capsules des Chercheurs de sens
à l'émission
de télévision diffusée à Canal
Vox

3e
saison Automne 2006
À chaque
semaine, Mathieu Guénette présente la capsule des
Chercheurs de sens à l’émission Trajectoire,
animée par Sylvie Goulet et diffusée au Canal Vox.
Horaire
de diffusion de l’émission :
À partir du 11 septembre 2006
Montréal
Mardi 11h 30 et 18h30
Mercredi 15 h 30
Vendredi 17h
|
Québec
Lundi 14h, 18h et 22h
Mardi 11h30
Vendredi 18h
Dimanche 16h |
Dans
chacune des émissions, Mathieu présente un vrai ou
faux que tentent d’abord de répondre les gens sur
la rue. En fournissant la réponse, Mathieu propose des références
d’ouvrages ou des sites internet. Voici la liste des thèmes
:
13
thèmes vrai ou faux

- Le
conseiller d'orientation d'un établissement scolaire fait
le même travail que le conseiller d'orientation en pratique
privée.
VRAI. En
principe, le conseiller d’orientation fait le même
travail et conseille de la même façon, peu importe
son environnement de travail. Par contre, il peut y avoir malgré tout
des différences. Étant donné le volume
important dans certains établissements (on parle parfois
d’un conseiller pour 2000 étudiants), le service
peut être plus expéditif et moins de temps ne peut être
consacré à l’étudiant. Bien entendu,
si le conseiller d’orientation travaille dans différents
contextes plutôt qu’un seul, cela peut présenter
l’avantage d’avoir une vision élargie du
marché du travail.
Référence
: Site de l’ACOC (Association
des C.O. du collégial)
(Onglets Ressources d'aide - Aide
en orientation)
- Les
comités sectoriels de main-d’œuvre ont pour
mission de promouvoir des professions auprès des jeunes.
VRAI. Leur
mission n’est pas seulement de faire de la promotion,
mais aussi de définir les besoins propres à leur
secteur; proposer des mesures pour stabiliser l’emploi
et réduire le chômage, et développer
la formation continue. Pour le grand public et même
pour des conseillers d’orientation, ces comités
sont peu évocateurs et semblent s’adresser
surtout aux gens de l’industrie. Par contre, ces
comités gagnent à être connus, car
ils représentent d’importantes sources d’information.
Il existe 29 comités différents (voir le
lien pour connaître la liste). Sur leur site, il
y a souvent du matériel vidéo. Les comités
financent souvent les ouvrages spécialisés
qu’on retrouve chez Septembre éditeur ou
Jobboom.
Référence
: Emploiquebec.net Liste
des différents comités sectoriels de
main-d’œuvre
- Il
est toujours avantageux de faire ses études dans une autre
langue que sa langue maternelle.
FAUX. Bien
entendu, il peut être intéressant d’apprendre
dans une autre langue que la sienne, car non seulement, on
apprend sur une matière qui nous intéresse tout
en se perfectionnant dans cette langue. On a le sentiment de
faire une pierre deux coups. De plus, au niveau collégial
et universitaire, il est possible de faire ses travaux dans
sa langue maternelle. Cependant, il y a des risques si cette
langue nous est peu familière. Au lieu de faire une
pierre deux coups, on risque de manquer
carrément notre coup. Il y a des matières qu’on
peut trouver déjà difficile dans notre langue
maternelle, imaginez qu’est-ce qui en est quand la langue
n’est pas la nôtre. Finalement, il faut savoir
aussi dans quelle langue on a l’intention de travailler.
Est-ce que nous aurons besoin d’une adaptation à cause
du vocabulaire ?
Référence
: Site Voila.fr pour
traduire d’une langue à une autre.
- Peu
importe le domaine, il est possible de suivre sa formation dans
le secteur public.
FAUX. La
très grande majorité des programmes peut être
suivie dans le secteur public et il peut être
avantageux de le faire, car la différence sur
le plan financier est énorme. Il existe cependant
des exceptions où le privé ne peut être
contourné comme par exemple, pour
devenir massothérapeute, détective
privé ou entraîneur de chien. Il est recommandé de
faire ses recherches pour savoir ce qui existe comme
possibilités. Et si votre programme n’existe
qu’au privé, vous pouvez magasiner les
différentes formations offertes. Il peut y avoir
des différences très importantes d’une
institution à l’autre. L’avantage
du privé peut d’avoir des formations plus
courtes et davantage axées sur le concret. À vous
de décider si cela en vaut le prix.
Référence
: Métiers
express, éditions Jobboom
Ouvrage concernant les principales écoles qui offrent de la formation
privée
- Il
y a un âge où nous sommes trop vieux pour se réorienter.
FAUX. Par
ma pratique, j’ai réalisé que tout
le monde se trouve trop vieux pour s’orienter,
même les jeunes de 20 ans. Pourtant, j’ai
aidé des gens dans leur démarche d’orientation
de tous les âges, même des gens dans la
soixantaine. La question n’est pas tant si l'on
est vieux mais plutôt si l'on se sent vieux.
J’encourage mes clients à regarder le
temps où ils seront encore sur le marché du
travail. Pour ma part, je peux dire que ma mère
a commencé ses études universitaires
dans la quarantaine et elle a travaillé une
quinzaine d’années dans son milieu. L’angoisse
de l’âge peut être dangereux, car
cette idée du temps qui passe nous empêche
d’éprouver du plaisir dans ce que nous
entreprenons.
Référence
: Série
d’articles que j’ai écrits sur l’orientation
tout au long de sa vie (Journal Métro)
- Pour
entrer dans un programme universitaire dans le domaine de la
santé, il n’est pas nécessaire d’avoir
complété un DEC en sciences santé.
VRAI. Cependant,
il y a des exceptions comme par exemple pour la médecine.
Mais pour un étudiant n’ayant pas fait ses sciences
santé au cégep et désirant aller vers
un programme universitaire en science ou en science santé,
il y a la possibilité de faire un an d’études
universitaires avec tous les cours d’appoint en science.
C’est une année de transition, ce qui peut apparaître
plus avantageux que de retourner
faire des études collégiales. L’appellation,
toute fois, n’est pas claire. À l’université,
on appelle ce passage, le baccalauréat (120 crédits).
Il peut être bon de s’informer à ce sujet.
Références
: Chez Septembre éditeur : Métiers
en direct : Santé et services sociaux
Chez
Jobboom : 100
carrières de la santé et des services sociaux
- Dans
les domaines artistiques, un diplôme n’est pas un
préalable nécessaire.
VRAI. Dans
le domaine des arts, contrairement à d’autres
secteurs, ce n’est pas tant le diplôme
qui permet de faire carrière que notre personnalité,
notre originalité, le réseau de connaissances
dont on dispose, notre audace. Il serait possible de
nommer un grand nombre de personnes n’ayant pas
suivi de formation et ayant pourtant des carrières
bien intéressantes. Bien entendu, je ne considère
pas pour autant que la formation est inutile. Mais
elle n’est pas tant utile
pour le diplôme en soi, mais plutôt pour
ce qu’on y apprend. C’est une occasion
de se former, de se confronter à d’autres,
de faire de belles rencontres, avoir des prétextes
pour créer, ce qui aide si on n’a de la
difficulté à se discipliner par soi-même.
Référence
: 150 carrières
de la culture, éditions Jobboom
- Il
est possible de faire entièrement un programme d’études
par la formation à distance.
VRAI. La
formation à distance s’est énormément
développée avec les nouvelles technologies.
Il existe maintenant un grand nombre de possibilités
de formation autant au niveau collégial qu’universitaire.
Dorénavant, la distance n’a plus d’importance,
l’éducation est accessible. Il est possible
aussi de compléter une formation déjà débutée
par quelques cours à distance, ce qui permet
de la flexibilité. Par contre, il y a l’inconvénient
de ne pas avoir accès à un contact direct avec
un enseignant et des collègues de classe qui
peut être enrichissant,
entre autres pour le réseautage.
Il peut manquer une dimension pratique, surtout dans
certains secteurs où cet aspect compte. Ce n’est
pas tous les cours que l’on peut suivre de cette
manière comme apprendre à être
pompier. À choisir, il peut être préférable
d’être sur place pour apprendre, mais lorsqu'on
n’a pas le choix, cela peut être une alternative à considérer.
Référence
: CURSUS (Le
répertoire de la formation à distance)
- Si
on a un rêve, il faut éviter de faire des compromis.
FAUX. Certaines
personnes croient que dans la vie, il faut être réaliste
et se contenter de ce que l’on a. Bien entendu, il
est difficile de réaliser ses rêves. Pour parvenir à atteindre
des objectifs ambitieux, il faut prendre les risques qui
s’imposent et ne pas attendre à ce que tout
arrive tout seul. Cependant, d’autres personnes, à l’opposé,
décident de ne jamais faire le moindre compromis de
peur de trahir ce rêve. Le risque est alors de n’arriver à rien
du tout, car dans la vie, il faut y aller aussi par étape.
Pour illustrer cette idée, j’aimerais faire
part d’une notion développée par Jacques
Limoges, référence québécoise
importante en orientation. Quand on
a un idéal, il y a des compromis à faire.
Mais il y a des compromis nobles et des compromis
abaissants. Les compromis nobles nous
amènent à faire des projets de vie,
ce qui nous permet de tendre vers notre idéal ou des
projets de survie, qui nous permettent de garder la tête
en dehors de l’eau. Les compromis abaissants,
ce sont des projets de mort, des projets
qui nous amènent à rien et qui ne tiennent
aucunement de notre idéal.
Référence
:
- Le
travail autonome est une option accessible à tous.
FAUX. Le
travail autonome est accessible à un très
grand nombre de gens. Beaucoup de gens s’empêchent
d’aller vers une telle option, car ils mystifient
le démarrage d’entreprise, croyant qu’il
faut posséder absolument tous les grands principes
de gestion. C’est parfois plus facile que l’on
croit. Le gouvernement encourage beaucoup cet esprit,
surtout que le Québec est la
province étant la plus timide de ce
côté. Souvent, le travail autonome ou
le démarrage d’entreprise est parfait
pour des personnes aimant faire les choses à sa
façon et être indépendants. Par
contre, il y a des gens qui idéalisent ce
choix, en s’imaginant qu’en n’ayant
pas de patron, ils jouiront d’une totale liberté.
Souvent, on est un patron très dur envers
soi-même. Au début, être à son
propre compte, demande beaucoup de travail avec une
garantie faible de résultats. Il faut être
patient, déterminé et être capable
de bien gérer la pression. Si le travail autonome
est l’idéal pour certains, il peut être
un cauchemar pour d’autres.
Références
: Réaliser
son projet d’entreprise de
Louis Jacques Filion, éditions Transcontinentales
- Il
est dangereux que des études à l’étranger
ne soient pas reconnues au moment de notre retour.
VRAI. Étudier à l’étranger
est une expérience des plus riches autant sur le plan
scolaire que sur le plan personnel et permet d’avoir
un regard particulier sur notre travail. Par contre, il y
a des secteurs où les études sont facilement
considérées d’un pays à l’autre
et même qu’il apparaîtra favorable d’avoir étudié ailleurs.
Par exemple, le cuisinier qui revient de France avec une
formation spécialisée. De plus, les domaines
reliées à des questions internationales valorisent
davantage ce type d’étude. Cependant, il y a
des secteurs où les études à l’étranger
peuvent représenter des lacunes comme par exemple,
le droit. Le système judiciaire est très différent.
Pour des études en général comme pour
les études de niveau secondaire ou collégial,
il y a des risques d’allonger ces études. Au
Québec, le cégep sert de transition entre les études
secondaires et universitaires, mais cette formule n’existe
nulle part ailleurs dans le monde. Il faut s’attendre
alors à compenser pour cette différence avec
plus d’études, soit généralement
un an de plus. Pour cette raison, le baccalauréat
international étant reconnu à travers le monde,
permet d’éviter la question des conversions.
Référence
: Site de l’ACOC (Association
des C.O. du collégial)
(Choisir les onglets : Information scolaire et professionnelle,
puis Études hors Québec et
ensuite la destination qui vous intéresse.)
- Le
travail de gestion s’adresse à des gens qui aiment
travailler dans un cadre bien établi.
FAUX. D’abord,
le mot gestion désigne deux catégories d’emploi
très différentes. Il y a les postes reliés à de
l’exécution, les postes de secrétariat,
de commis, de techniciens qui consiste davantage à du
travail de nature conventionnelle. Il y a des postes de
direction reliées à de la prise de décision,
des études davantage de niveau universitaire qui
demande du leadership et une grande variété de
tâches. Bien que très différent, les
deux secteurs sont souvent confondus. Beaucoup d’étudiants
rejettent l’idée de la gestion rapidement,
sans prendre en considération ce que ce secteur
représente réellement. Ils perçoivent
le gestionnaire comme une personne très conventionnelle,
(peut-être à cause de son habillement!) et
qui se trouve confiné dans une certaine routine.
C’est vrai qu’il travaille dans un bureau et
qu’il doit disposer de certaines connaissances techniques,
mais c’est un travail comportant beaucoup d’action
et des défis de taille. Il y a des jeux vidéos
comme War Craft ou Sims qui reflètent
très bien la dynamique présente dans le milieu
de la gestion. Si vous aimez ces jeux de stratégie,
peut-être avez-vous un profil propice à ce
secteur ?
Référence
: Artistes,
artisans et technocrates de Patricia
Pitcher, presses des HEC
- Il
est essentiel d’avoir un plan de carrière pour éviter
les imprévus.
FAUX. Bien
entendu, il est important de planifier ce que l’on veut
faire et le travail d’un conseiller d’orientation
est justement d’aider dans cette préparation.
Par contre, il n’est pas possible de tout prévoir
dans la vie. Il y a des choix que l’on fait et il y a
des choix qui nous choisissent. Quand un choix se
présente, libre à nous de lui dire oui ou non,
mais la carrière est souvent remplie de surprise. Par
exemple, mon premier emploi était avec les ex-détenus,
mais il était difficile de le prévoir à l’avance.
Il s’agit de la première offre qui m’était
proposée, après plusieurs mois de recherche d’emploi.
Il est important de ne pas avoir d’idées trop
préconçues sur ce que notre destin peut
bien nous réserver. Je crois essentiel de demeurer ouvert
d’esprit. Planifier, oui, mais jusqu’à une
certaine limite. Bien sûr, il y a des gens qui sont davantage
le genre à planifier que d’autres. Il y a des
gens qui sont à l’aise avec l’imprévu.
Cependant, il est bien de savoir quelle direction on a envie
de donner à sa vie, afin de ne pas se retrouver dans
une situation qui ne nous ressemble en rien.
Référence
: Éloge
de l’insécurité de Alan-W
Watts
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