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Les capsules des Chercheurs de sens

à l'émission de télévision diffusée à Canal Vox


3e saison Automne 2006

À chaque semaine, Mathieu Guénette présente la capsule des Chercheurs de sens à l’émission Trajectoire, animée par Sylvie Goulet et diffusée au Canal Vox.

Horaire de diffusion de l’émission :
À partir du 11 septembre 2006

Montréal

Mardi 11h 30 et 18h30
Mercredi 15 h 30
Vendredi 17h
Québec

Lundi 14h, 18h et 22h
Mardi 11h30
Vendredi 18h
Dimanche 16h

Dans chacune des émissions, Mathieu présente un vrai ou faux que tentent d’abord de répondre les gens sur la rue. En fournissant la réponse, Mathieu propose des références d’ouvrages ou des sites internet. Voici la liste des thèmes :

13 thèmes vrai ou faux

1. Semaine du 11 septembre 2006 :

Le conseiller d'orientation d'un établissement scolaire fait le même travail que le conseiller d'orientation en pratique privée.

2. Semaine du 18 septembre 2006: Les comités sectoriels de main-d’œuvre ont pour mission de promouvoir des professions auprès des jeunes.
3. Semaine du 25 septembre 2006: Il est toujours avantageux de faire ses études dans une autre langue que sa langue maternelle.
4. Semaine du 2 octobre 2006 : Peu importe le domaine, il est possible de suivre sa formation dans le secteur public.
5. Semaine du 9 octobre 2006 : Il y a un âge où nous sommes trop vieux pour se réorienter. 
6 . Semaine du 16 octobre 2006 : Pour entrer dans un programme universitaire dans le domaine de la santé, il n’est pas nécessaire d’avoir complété un DEC en sciences santé.

7. Semaine du 23 octobre 2006 : Dans les domaines artistiques, un diplôme n’est pas un préalable nécessaire. 
8. Semaine du 30 octobre 2006 : Il est possible de faire entièrement un programme d’études par la formation à distance.
9. Semaine du 6 novembre 2006 : Si on a un rêve, il faut éviter de faire des compromis.
10. Semaine du 13 novembre 2006 : Le travail autonome est une option accessible à tous.
11. Semaine du 20 novembre 2006 : Il est dangereux que des études à l’étranger ne soient pas reconnues au moment de notre retour.
12. Semaine du 27 novembre 2006: Le travail de gestion s’adresse à des gens qui aiment travailler dans un cadre bien établi. 
13. Semaine du 4 décembre 2006 : Il est essentiel d’avoir un plan de carrière pour éviter les imprévus.  

  1. Le conseiller d'orientation d'un établissement scolaire fait le même travail que le conseiller d'orientation en pratique privée.

    VRAI. En principe, le conseiller d’orientation fait le même travail et conseille de la même façon, peu importe son environnement de travail. Par contre, il peut y avoir malgré tout des différences. Étant donné le volume important dans certains établissements (on parle parfois d’un conseiller pour 2000 étudiants), le service peut être plus expéditif et moins de temps ne peut être consacré à l’étudiant. Bien entendu, si le conseiller d’orientation travaille dans différents contextes plutôt qu’un seul, cela peut présenter l’avantage d’avoir une vision élargie du marché du travail.

    Référence : Site de l’ACOC   (Association des C.O. du collégial)
    (Onglets Ressources d'aide -
    Aide en orientation)



  2. Les comités sectoriels de main-d’œuvre ont pour mission de promouvoir des professions auprès des jeunes.

    VRAI. Leur mission n’est pas seulement de faire de la promotion, mais aussi de définir les besoins propres à leur secteur; proposer des mesures pour stabiliser l’emploi et réduire le chômage, et développer la formation continue. Pour le grand public et même pour des conseillers d’orientation, ces comités sont peu évocateurs et semblent s’adresser surtout aux gens de l’industrie. Par contre, ces comités gagnent à être connus, car ils représentent d’importantes sources d’information. Il existe 29 comités différents (voir le lien pour connaître la liste). Sur leur site, il y a souvent du matériel vidéo. Les comités financent souvent les ouvrages spécialisés qu’on retrouve chez Septembre éditeur ou Jobboom.

    Référence : Emploiquebec.net   Liste des différents comités sectoriels de main-d’œuvre


  3. Il est toujours avantageux de faire ses études dans une autre langue que sa langue maternelle.

    FAUX. Bien entendu, il peut être intéressant d’apprendre dans une autre langue que la sienne, car non seulement, on apprend sur une matière qui nous intéresse tout en se perfectionnant dans cette langue. On a le sentiment de faire une pierre deux coups. De plus, au niveau collégial et universitaire, il est possible de faire ses travaux dans sa langue maternelle. Cependant, il y a des risques si cette langue nous est peu familière. Au lieu de faire une pierre deux coups, on risque de manquer carrément notre coup. Il y a des matières qu’on peut trouver déjà difficile dans notre langue maternelle, imaginez qu’est-ce qui en est quand la langue n’est pas la nôtre. Finalement, il faut savoir aussi dans quelle langue on a l’intention de travailler. Est-ce que nous aurons besoin d’une adaptation à cause du vocabulaire ?

    Référence : Site Voila.fr pour traduire d’une langue à une autre.


  4. Peu importe le domaine, il est possible de suivre sa formation dans le secteur public.

    FAUX. La très grande majorité des programmes peut être suivie dans le secteur public et il peut être avantageux de le faire, car la différence sur le plan financier est énorme. Il existe cependant des exceptions où le privé ne peut être contourné comme par exemple, pour devenir massothérapeute, détective privé ou entraîneur de chien. Il est recommandé de faire ses recherches pour savoir ce qui existe comme possibilités. Et si votre programme n’existe qu’au privé, vous pouvez magasiner les différentes formations offertes. Il peut y avoir des différences très importantes d’une institution à l’autre. L’avantage du privé peut d’avoir des formations plus courtes et davantage axées sur le concret. À vous de décider si cela en vaut le prix.

    Référence : Métiers express, éditions Jobboom
    Ouvrage concernant les principales écoles qui offrent de la formation privée


  5. Il y a un âge où nous sommes trop vieux pour se réorienter.

    FAUX. Par ma pratique, j’ai réalisé que tout le monde se trouve trop vieux pour s’orienter, même les jeunes de 20 ans. Pourtant, j’ai aidé des gens dans leur démarche d’orientation de tous les âges, même des gens dans la soixantaine. La question n’est pas tant si l'on est vieux mais plutôt si l'on se sent vieux. J’encourage mes clients à regarder le temps où ils seront encore sur le marché du travail. Pour ma part, je peux dire que ma mère a commencé ses études universitaires dans la quarantaine et elle a travaillé une quinzaine d’années dans son milieu. L’angoisse de l’âge peut être dangereux, car cette idée du temps qui passe nous empêche d’éprouver du plaisir dans ce que nous entreprenons.

    Référence : Série d’articles que j’ai écrits sur l’orientation tout au long de sa vie (Journal Métro)


  6. Pour entrer dans un programme universitaire dans le domaine de la santé, il n’est pas nécessaire d’avoir complété un DEC en sciences santé.

    VRAI. Cependant, il y a des exceptions comme par exemple pour la médecine. Mais pour un étudiant n’ayant pas fait ses sciences santé au cégep et désirant aller vers un programme universitaire en science ou en science santé, il y a la possibilité de faire un an d’études universitaires avec tous les cours d’appoint en science. C’est une année de transition, ce qui peut apparaître plus avantageux que de retourner faire des études collégiales. L’appellation, toute fois, n’est pas claire. À l’université, on appelle ce passage, le baccalauréat (120 crédits). Il peut être bon de s’informer à ce sujet.

    Références : Chez Septembre éditeur : Métiers en direct : Santé et services sociaux
                              Chez Jobboom : 100 carrières de la santé et des services sociaux


  7. Dans les domaines artistiques, un diplôme n’est pas un préalable nécessaire.

    VRAI. Dans le domaine des arts, contrairement à d’autres secteurs, ce n’est pas tant le diplôme qui permet de faire carrière que notre personnalité, notre originalité, le réseau de connaissances dont on dispose, notre audace. Il serait possible de nommer un grand nombre de personnes n’ayant pas suivi de formation et ayant pourtant des carrières bien intéressantes. Bien entendu, je ne considère pas pour autant que la formation est inutile. Mais elle n’est pas tant utile pour le diplôme en soi, mais plutôt pour ce qu’on y apprend. C’est une occasion de se former, de se confronter à d’autres, de faire de belles rencontres, avoir des prétextes pour créer, ce qui aide si on n’a de la difficulté à se discipliner par soi-même.

    Référence : 150 carrières de la culture, éditions Jobboom


  8. Il est possible de faire entièrement un programme d’études par la formation à distance.

    VRAI. La formation à distance s’est énormément développée avec les nouvelles technologies. Il existe maintenant un grand nombre de possibilités de formation autant au niveau collégial qu’universitaire. Dorénavant, la distance n’a plus d’importance, l’éducation est accessible. Il est possible aussi de compléter une formation déjà débutée par quelques cours à distance, ce qui permet de la flexibilité. Par contre, il y a l’inconvénient de ne pas avoir accès à un contact direct avec un enseignant et des collègues de classe qui peut être enrichissant, entre autres pour le réseautage. Il peut manquer une dimension pratique, surtout dans certains secteurs où cet aspect compte. Ce n’est pas tous les cours que l’on peut suivre de cette manière comme apprendre à être pompier. À choisir, il peut être préférable d’être sur place pour apprendre, mais lorsqu'on n’a pas le choix, cela peut être une alternative à considérer.

    Référence : CURSUS (Le répertoire de la formation à distance)


  9. Si on a un rêve, il faut éviter de faire des compromis.

    FAUX. Certaines personnes croient que dans la vie, il faut être réaliste et se contenter de ce que l’on a. Bien entendu, il est difficile de réaliser ses rêves. Pour parvenir à atteindre des objectifs ambitieux, il faut prendre les risques qui s’imposent et ne pas attendre à ce que tout arrive tout seul. Cependant, d’autres personnes, à l’opposé, décident de ne jamais faire le moindre compromis de peur de trahir ce rêve. Le risque est alors de n’arriver à rien du tout, car dans la vie, il faut y aller aussi par étape. Pour illustrer cette idée, j’aimerais faire part d’une notion développée par Jacques Limoges, référence québécoise importante en orientation. Quand on a un idéal, il y a des compromis à faire. Mais il y a des compromis nobles et des compromis abaissants. Les compromis nobles nous amènent à faire des projets de vie, ce qui nous permet de tendre vers notre idéal ou des projets de survie, qui nous permettent de garder la tête en dehors de l’eau. Les compromis abaissants, ce sont des projets de mort, des projets qui nous amènent à rien et qui ne tiennent aucunement de notre idéal.

    Référence :      
     



  10. Le travail autonome est une option accessible à tous.

    FAUX. Le travail autonome est accessible à un très grand nombre de gens. Beaucoup de gens s’empêchent d’aller vers une telle option, car ils mystifient le démarrage d’entreprise, croyant qu’il faut posséder absolument tous les grands principes de gestion. C’est parfois plus facile que l’on croit. Le gouvernement encourage beaucoup cet esprit, surtout que le Québec est la province étant la plus timide de ce côté. Souvent, le travail autonome ou le démarrage d’entreprise est parfait pour des personnes aimant faire les choses à sa façon et être indépendants. Par contre, il y a des gens qui idéalisent ce choix, en s’imaginant qu’en n’ayant pas de patron, ils jouiront d’une totale liberté. Souvent, on est un patron très dur envers soi-même. Au début, être à son propre compte, demande beaucoup de travail avec une garantie faible de résultats. Il faut être patient, déterminé et être capable de bien gérer la pression. Si le travail autonome est l’idéal pour certains, il peut être un cauchemar pour d’autres.

    Références : Réaliser son projet d’entreprise de Louis Jacques Filion, éditions Transcontinentales


  11. Il est dangereux que des études à l’étranger ne soient pas reconnues au moment de notre retour.

    VRAI. Étudier à l’étranger est une expérience des plus riches autant sur le plan scolaire que sur le plan personnel et permet d’avoir un regard particulier sur notre travail. Par contre, il y a des secteurs où les études sont facilement considérées d’un pays à l’autre et même qu’il apparaîtra favorable d’avoir étudié ailleurs. Par exemple, le cuisinier qui revient de France avec une formation spécialisée. De plus, les domaines reliées à des questions internationales valorisent davantage ce type d’étude. Cependant, il y a des secteurs où les études à l’étranger peuvent représenter des lacunes comme par exemple, le droit. Le système judiciaire est très différent. Pour des études en général comme pour les études de niveau secondaire ou collégial, il y a des risques d’allonger ces études. Au Québec, le cégep sert de transition entre les études secondaires et universitaires, mais cette formule n’existe nulle part ailleurs dans le monde. Il faut s’attendre alors à compenser pour cette différence avec plus d’études, soit généralement un an de plus. Pour cette raison, le baccalauréat international étant reconnu à travers le monde, permet d’éviter la question des conversions.

    Référence : Site de l’ACOC   (Association des C.O. du collégial)
    (Choisir les onglets : Information scolaire et professionnelle, puis Études hors Québec et ensuite la destination qui vous intéresse.)



  12. Le travail de gestion s’adresse à des gens qui aiment travailler dans un cadre bien établi.

    FAUX. D’abord, le mot gestion désigne deux catégories d’emploi très différentes. Il y a les postes reliés à de l’exécution, les postes de secrétariat, de commis, de techniciens qui consiste davantage à du travail de nature conventionnelle. Il y a des postes de direction reliées à de la prise de décision, des études davantage de niveau universitaire qui demande du leadership et une grande variété de tâches. Bien que très différent, les deux secteurs sont souvent confondus. Beaucoup d’étudiants rejettent l’idée de la gestion rapidement, sans prendre en considération ce que ce secteur représente réellement. Ils perçoivent le gestionnaire comme une personne très conventionnelle, (peut-être à cause de son habillement!) et qui se trouve confiné dans une certaine routine. C’est vrai qu’il travaille dans un bureau et qu’il doit disposer de certaines connaissances techniques, mais c’est un travail comportant beaucoup d’action et des défis de taille. Il y a des jeux vidéos comme War Craft ou Sims qui reflètent très bien la dynamique présente dans le milieu de la gestion. Si vous aimez ces jeux de stratégie, peut-être avez-vous un profil propice à ce secteur ?

    Référence : Artistes, artisans et technocrates de Patricia Pitcher, presses des HEC


  13. Il est essentiel d’avoir un plan de carrière pour éviter les imprévus.

    FAUX. Bien entendu, il est important de planifier ce que l’on veut faire et le travail d’un conseiller d’orientation est justement d’aider dans cette préparation. Par contre, il n’est pas possible de tout prévoir dans la vie. Il y a des choix que l’on fait et il y a des choix qui nous choisissent. Quand un choix se présente, libre à nous de lui dire oui ou non, mais la carrière est souvent remplie de surprise. Par exemple, mon premier emploi était avec les ex-détenus, mais il était difficile de le prévoir à l’avance. Il s’agit de la première offre qui m’était proposée, après plusieurs mois de recherche d’emploi. Il est important de ne pas avoir d’idées trop préconçues sur ce que notre destin peut bien nous réserver. Je crois essentiel de demeurer ouvert d’esprit. Planifier, oui, mais jusqu’à une certaine limite. Bien sûr, il y a des gens qui sont davantage le genre à planifier que d’autres. Il y a des gens qui sont à l’aise avec l’imprévu. Cependant, il est bien de savoir quelle direction on a envie de donner à sa vie, afin de ne pas se retrouver dans une situation qui ne nous ressemble en rien.

    Référence : Éloge de l’insécurité de Alan-W Watts



1ère saison Automne 2005 

2ème saison Hiver 2006