Les
capsules des Chercheurs de sens
à l'émission
de télévision diffusée à Canal
Vox

1ère
saison Automne 2005
À chaque
semaine, Mathieu Guénette présente la capsule des
Chercheurs de sens à l’émission Trajectoire,
animée par Sylvie Goulet et diffusée au Canal Vox.
Dans
chacune des émissions, Mathieu présente un vrai ou
faux que tentent d’abord de répondre les gens sur
la rue. En fournissant la réponse, Mathieu propose des références
d’ouvrages ou des sites internet. Voici la liste des thèmes
:
13
thèmes vrai ou faux

- Encore
aujourd’hui, il y a des métiers plus masculins et
d’autres, plus féminins.
FAUX.
Il existe encore des préjugés qu’il existe
des métiers d’homme et des métiers de femme.
Par exemple, certains ont l’impression que secrétaire,
coiffeur ou infirmier sont des métiers qui devraient être
réservés aux femmes et de la même manière, électricien,
pompier ou mécanicien devrait être exercé que
par des hommes. C’est dommage, car les hommes et les
femmes s’empêchent souvent de faire des choses
qu’ils aiment pour cette raison. Les écoles travaillent
beaucoup à aider les étudiants à se sentir à l’aise
vers des métiers qu’on peut appeler non traditionnels.
Par contre, il faut aussi avoir un intérêt. Ce
ne sont pas toutes les femmes qui ont un intérêt
pour la mécanique et ce ne sont pas tous les hommes
qui ont un intérêt pour le secrétariat.
Il
y a un concours qui s’appelle Chapeau,
les filles! organisé par le ministère
de l’Éducation.
- Les
guides et Internet devraient être notre principale source
d’information concernant nos choix de carrière.
FAUX. Les
informations que l’on retrouve dans les guides
vendus en magasin et Internet sont des sources intéressantes
et il est recommandé de les consulter. Cependant,
ces informations demeurent une image statique d’une
profession. Est-ce que regarder une carte postale d’un
lieu et se trouver sur le lieu est la même chose?
Vous direz probablement non. Les guides et Internet
peuvent aider à explorer et connaître
ce qui existe. Mais il sera toujours mieux de valider
par la suite en allant dans un milieu de travail, rencontrer
quelqu’un qui exerce ce métier ou se rendre
sur les lieux offrant la formation. Il existe toutes
sortes de services dans les écoles, permettant
de visiter les salles de classe et voir les étudiants
en pleine action.
Le Dictionnaire
Septembre des métiers et professions est
un outil génial et complet pour une première
exploration. Vous y retrouvez gratuitement une
version en ligne.
Pour
visiter les centres de formation professionnelle et
les Cégeps, vous trouverez les coordonnées
facilement sur le site d’Inforoute
FTP (Formation Professionnel
et Technique).
- Pour
faire un choix, il faut se fier surtout aux perspectives d’emploi.
FAUX.
Il est important de consulter l’information sur le marché du
travail pour faire un choix. Parfois, cette information peut
nous influencer. Par contre, un choix devrait toujours se faire
d’abord selon nos intérêts et jamais, uniquement
sur la base des perspectives d’emploi. Il est préférable
d’être dans un secteur difficile, mais pour lequel
nous ressentons une grande passion que d’avoir d’excellentes
perspectives dans un domaine qui nous ennuie. Même un
bon salaire ne parvient pas à compenser à un
travail qui ne nous ressemble pas. D’où l’importance
de prendre le temps de bien connaître ses intérêts.
Je
vous suggère mon livre Orientation et confidences comme
référence pour votre réflexion:
Orientation
et confidences de Mathieu Guénette,
Septembre éditeur
Pour en savoir
plus
- Il
est préférable d’avoir une formation professionnelle
ou technique complétée qu’une formation universitaire
non terminée.
VRAI.
Il est important d’avoir une spécialisation, être
formé pour faire un travail en particulier. Pour cette
raison, de manière générale, il sera plus
facile avec une spécialisation reconnue que d’avoir
une formation incomplète.
Il
y a une époque où les gens pouvaient commencer
au bas de l’échelle et avec les années,
monter les échelons un à un. Il s’agissait
d’un cheminement idéal pour ceux qui n’aimaient
pas les études. Le marché du travail a changé depuis.
Encore maintenant, il existe quelques individus qui parviennent à se
tirer d’affaire sans aucune formation, mais ils sont
rares. De nos jours, il n’est pas nécessaire d’avoir
une formation universitaire pour faire un travail intéressant,
mais il devient essentiel d’avoir une spécialisation.
Il existe des programmes d’étude de courte durée
et avec des contenus de cours très concrets qui permettent
d’avoir des spécialisations, ce qui fait une importante
différence.
Le
site Tout
pour réussir a pour objectif de promouvoir
la formation professionnelle et technique auprès de
ceux qui ont le profil d’intérêt pour ces
programmes.
- Dans
tout travail, il y en a certains qui ont du talent et d’autres
qui n’en ont pas.
FAUX.
La notion de compétence ou de talent peut donner l’impression
qu’elle fait partie de l’identité. Tu as
la caractéristique d’être bon ou de ne pas être
bon. Il faut savoir que nos compétences ou nos talents
sont constamment en développement. Il est normal que
quelqu’un qui exerce avec discipline une activité parvienne à développer
une aptitude. Parfois, on se décourage trop vite et
on abandonne. Derrière la plupart des talents, il y
a une grande part de volonté.
Voici
le tableau tel que présenté à cette émission.
Il y a quatre étapes au développement d’une
compétence.
1.
Je ne sais pas que je ne sais pas
Vous
avez un désir d’accomplir quelque chose.
Non seulement, vous ignorez que vous n’avez
pas la compétence, mais de quel type de compétence,
il est question.
  
|
2.
Je sais que je ne sais pas
Vous
venez de réaliser que vous n’avez pas
la compétence. Il y a deux options, soit vous
capitulez en disant que vous n’avez pas le
profil demandé, soit vous tentez de développer
la compétence manquante. C’est à cette étape
que plusieurs abandonnent et retournent à la
première étape avec un nouveau projet.
  
|
| 4.
Je ne sais pas que je sais
Par
habitude, vous en venez à perdre conscience
que votre compétence est une compétence.
Vous trouvez tout naturel d’accomplir ce que
vous faites, ce qui peut devenir un autre type de
problème, car vous avez de la difficulté à mettre
en perspective la valeur de votre potentiel.
|
3.
Je sais que je sais
Vous
venez d’acquérir un apprentissage et
vous vous sentez encouragé par votre succès,
même s’il vous en reste encore beaucoup à apprendre.
Vous savez dorénavant comment la compétence
se développe.
  
|

- Il
n’est pas conseillé de suivre une formation professionnelle
ou technique, si on a l’intention de poursuivre une formation
universitaire.
FAUX.
Certaines personnes peuvent avoir un intérêt pour
de la formation professionnelle ou technique, mais aussi pour
de la formation universitaire. Ils ont l’impression qu’ils
doivent faire le choix entre l’un ou l’autre. Il
peut très bien être envisageable de faire les
deux. Non seulement, une formation professionnelle ou technique
ne bloque pas l’accès, mais peut constituer des
atouts. D’abord, notre formation peut nous permettre
d’acquérir des habiletés pouvant être
utiles, mais aussi, elle peut même permettre d’obtenir
des préalables nécessaires pour l’université.
Par exemple, concernant l’admission universitaire, un
DEC technique aura en grande partie, les mêmes avantages
qu’un DEC général (préuniversitaire).
Vous
pouvez consulter le conseiller en ligne sur le site Ciblétudes.
Un conseiller d’orientation répondra par courriel à un
grand nombre de vos questions de manière rapide et gratuite.
- Plus
un programme de formation est populaire, plus il mène à des
emplois payants.
FAUX.
Certains programmes sont tellement populaires qu’ils
font l’objet d’un contingentement. Cela signifie
qu’il y a plus de gens qui font la demande pour entrer
dans le programme qu’il y a de place prévue. Il
faut alors procéder à une sélection. Pour
d’autres programmes, il y a des pénuries, cela
signifie l’inverse, il manque des étudiants pour
compléter les classes prévues pour cette formation.
Plusieurs ont tendance à croire que le contingentement
est un indice qu’un programme est intéressant.
La réalité est que certains métiers sont
beaucoup plus connus que d’autres. Un grand nombre de
formations mènent à des secteurs peu populaires,
mais où, pourtant, il y a des emplois intéressants
et payants.
Pour
le collégial, il est possible de regarder le guide du
SRAM où une référence au contingentement
s’y trouve (page de gauche, en bas).
Pour en savoir plus: Guide
pratique des études collégiales au Québec, SRAM
Au
niveau professionnel, il n’y a pas grand chose de comparable,
mais vous pouvez encore une fois vous référez
au site d’Infouroute
FTP (Formation Professionnel et Technique).
- Il
faut surtout choisir notre carrière en tenant compte de
l’avis de nos parents, puisqu’ils nous connaissent
bien.
FAUX.
Les parents peuvent nous aider et nous soutenir dans notre
prise de décision, mais la principale référence
devrait être nos intérêts. Malgré leur
bonne volonté et leur maturité, les parents ont
des intérêts qui peuvent être différents
des nôtres et ne comprennent pas nécessairement
ce que l’on ressent. Les parents peuvent jouer un rôle
utile en nous soutenant dans nos démarches et en nous
encourageant, mais non pas en prenant la décision en
tant que tel. Si on veut recevoir de l’aide, il serait
préférable de rencontrer un conseiller d’orientation
qui peut jouer un rôle beaucoup plus neutre.
Pour
approfondir votre réflexion, je vous suggère
:
Comment
aider vos jeunes explorateurs à s’orienter dans
leur vie de Isabelle Falardeau et Mathieu Guénette,
Septembre éditeur
Pour
en savoir plus
Une
autre référence utile :
S’orienter
malgré l’indécision de
Isabelle Falardeau et Roland Roy, Septembre éditeur
- Les
perspectives d’emploi des formations professionnelles et
techniques peuvent être comparables aux formations universitaires.
VRAI. Il
existe encore un préjugé que plus le niveau de
formation est élevé, plus cette formation mène
nécessairement à des emplois plus payants et
ayant de meilleur taux de placement. En réalité,
il serait plus juste de dire que les formations professionnelles
(DEP) et techniques (DEC) sont de nature plus concrète.
Nous apprenons à faire exactement les tâches que
nous allons faire sur le marché du travail. L’université donne
un enseignement qui est beaucoup plus général.
Dans tous les niveaux de formation, il y a des programmes ayant
des perspectives d’emploi élevées et d’autres,
ayant des perspectives d’emploi moins élevées.
Pour
s’informer sur le marché du travail québécois
et les différentes professions (tâches, salaires,
perspectives), rien n’égale les sites de IMT.Emploi-Québec (information
sur le marché du travail) et Emploi-Avenir
Québec .
- La
formation professionnelle et technique s’adresse surtout à ceux
qui n’ont pas les aptitudes pour la formation universitaire.
FAUX.
L’université ne doit pas constituer un objectif
en soi. Je trouve toujours dommage de voir des étudiants
se sentir malheureux dans des études universitaires,
simplement parce qu’ils tentent de se prouver quelque
chose à eux-mêmes ou à leur entourage.
Certaines personnes ont des préférences pour
un travail de nature concrète. Ce n’est pas
qu’ils aient l’incapacité de faire des études
universitaires. Ce choix correspond davantage à leur
personnalité. Le choix d’une formation devrait
toujours dépendre principalement de nos intérêts.
Les
guides Jobboom (formation
professionnelle, collégial, universitaire)
• Les
métiers de la formation professionnelle
• Les
carrières du collégial
• Les
carrières de la formation universitaire
Pour
en savoir plus
Les
guides Choisir (Septembre éditeur)
• Guide
Choisir (secondaire-collégial)
• Guide Choisir (universitaire)
Pour une version en ligne (gratuite)
- Les
tests de sélections servent à déterminer
ceux qui ont les compétences nécessaires et ceux
qui ne les ont pas.
FAUX. On
appelle contingentés les programmes qui font l’objet
d’un plus grand nombre de demandes que de places disponibles.
Il faut alors procéder à une sélection.
Certaines écoles appliquent la règle du premier
arrivé, premier servi. D’autres préfèrent
procéder avec des tests. Les tests peuvent être
un mélange de tests d’intérêt et
d’aptitudes. Ces tests ne prétendent pas représenter
l’exactitude, mais fournir des indices suffisamment fiables
pour prendre des décisions. Parfois, il y a 500 demandes
et seulement 12 places. Il faut comprendre que l’école
doit faire un choix et que loin de là, être refusé signifie
un manque de compétence. On peut décider de se
présenter à nouveau pour une autre sélection
dans le même programme, mais aussi dans un autre programme
pour lequel on pourrait également avoir de l’intérêt.
Il
existe une variété de livres présentant
des exemples d’items de test. Le livre présenté lors
de l’émission :
Tests
de logique de Valérie Clisson
et Arnaud Duval, éditions Eyrolles
- Le
travail du conseiller d’orientation vise à identifier
le domaine qui est le mieux pour nous.
FAUX. Beaucoup
de gens croient encore que le rôle du conseiller d’orientation
est d’orienter la personne en lui indiquant quel métier
elle devrait faire. Le conseiller d’orientation vous
aide à pouvoir prendre vous-même une décision
et il ne devrait pas chercher à prendre cette décision à votre
place. Souvent, il est difficile de se connaître, car
on se sent confus. Nous voulons tenir compte de nos intérêts,
des perspectives d’emploi, de l’avis de nos parents
et d’un paquet d’autres facteurs. Il est souvent
difficile de s’arrêter et de savoir qui on est
et qu’est-ce qu’on désire exactement. Un
conseiller d’orientation peut s’avérer alors
une aide utile. À part à l’école,
il est possible de rencontrer des conseillers d’orientation
dans des organismes comme les Carrefours jeunesse emploi ou
dans le privé.
Pour
bien connaître la profession de conseiller d’orientation,
vous pouvez consulter le site de l’Ordre
des conseillers et conseillères d’orientation
et des psychoéducateurs et psychoéducatrices
du Québec (OCCOPPQ)
- La
confiance en soi peut s’apprendre.
VRAI. Par
mon travail, je constate que beaucoup d’étudiants
manquent de confiance en eux-mêmes. Les raisons peuvent être
diverses. Souvent, nous avons la manie de nous comparer et nous
avons davantage tendance à nous comparer à mieux
qu’à pire. Donc, nous nous référons
toujours à un modèle qui nous apparaît préférable,
ce qui n’aide pas le sentiment de confiance. La confiance
en soi est en grande partie, une question de perception. Et oui,
le sentiment de confiance en soi peut se développer avec
le temps, à travers nos réalisations, lorsque nous
en venons à réussir des choses que nous ne réussissions
pas auparavant. Il existe des moyens de développer notre
confiance et un conseiller d’orientation peut nous aider
dans cette optique.
En
plus d’offrir une réflexion approfondie sur l’estime
de soi, ce livre comporte beaucoup d’aspects pratiques :
L’estime
de soi de François Lelord, Christophe
André, éditions Odile Jacob
|