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Fait-on
vraiment le choix d’être artiste?
Mathieu
Guénette, c.o.
Collaboration spéciale
TOUT
LE MONDE aime bien écouter de la musique en conduisant
sa voiture ou aller voir un bon film, un vendredi
soir pour se détendre. Les arts occupent une fonction
essentielle dans la vie de chacun, même si nos goûts
et notre façon d’apprécier l’art varient énormément
d’une personne à l’autre. Mais pour certains, l’art
ne peut se résumer à un simple divertissement.
Les
artistes accordent une telle importance aux arts qu’ils
ont décidé de s’y consacrer professionnellement, d’en
faire leur principale raison d’être. Cependant, le
domaine des arts est reconnu pour être difficile sur
le marché du travail et souvent faiblement rémunéré.
Bien entendu, il y a beaucoup de gens qui parviennent
à bien gagner leur vie et à effectuer un travail pleinement
créatif. Par contre, pour chaque artiste qui s’estime
satisfait de sa situation sur le marché du travail,
il en existe une quantité importante qui vivent une
grande précarité. Le problème est surtout de ne pas
savoir, avant de prendre cette décision, si nous allons
faire partie de ceux qui parviendront à se démarquer
ou des autres qui lutteront continuellement pour leur
survie. Il n’existe pas de loi formelle à ce sujet,
aucun indice fiable de prédiction. Nous ne pouvons
faire autrement qu’écouter notre passion.
Les
arts peuvent être perçus comme un milieu ingrat, car
nous devons souvent travailler sans savoir à quel
résultat s’attendre, sans savoir si nous allons être
rémunérés et reconnus en conséquence de nos efforts.
Contrairement à la plupart des domaines où nous pouvons
réclamer notre salaire en fonction du nombre d’heures
investies, les arts font appel à un total dévouement
qui demeure sans garantie. C’est un milieu cruel,
même s’il est parfois généreux en attention, car le
succès ne dure pas toujours et tout est souvent à
recommencer.
La
plupart du temps, les gens qui choisissent les arts,
connaissent cette réalité. Pourtant, malgré cette
incertitude connue, ils préfèrent se diriger dans
ce domaine plutôt que dans le secteur de la santé
ou de la gestion qui offre des conditions beaucoup
plus certaines. J’ai remarqué que les gens qui vont
en art, le font généralement parce qu’aucun autre
domaine que les arts ne peut leur apparaître autant
significatif à leurs yeux. Ils considèrent plus important
d’effectuer un choix à un niveau de risque élevé que
de passer à côté de ce qui leur apparaît la
nature même de leur identité.
Quand
nous sommes artistes, nous ne pouvons pas faire le
choix d’être artiste, nous le sommes par nécessité.
Nous pouvons seulement faire le choix d’un sacrifice
ou d’un compromis entre liberté et sécurité.
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