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Profil
de carrière
Mathieu
Guénette, conseiller d'orientation
par Josée
Malenfant, info-Emploi
Mathieu
Guénette est conseiller d'orientation;
mais il est aussi, d'abord et avant tout, chercheur
de sens. La planification de carrière,
rappelle-t-il, ce n'est pas seulement une étape
vers le confort et la sécurité; c'est
d'abord une façon de trouver un sens à
notre vie, de mener une existence à l'image
de nos convictions.
Au-delà des décisions rationnelles et
des "recettes toutes faites", Mathieu suggère
que la tolérance à l'ambiguïté
et l'aptitude au doute servent mieux ceux qui choisissent
le "métier de vivre". « Je pense
qu'il faut être capable d'improviser avec ce
que la vie nous amène et se servir de ces hasards-là
pour se construire », croit-il.
Se
créer sans trop planifier
La planification de carrière, au cégep,
Mathieu Guénette n'y pensait pas trop. Avec
un roman à son actif (C'est pas facile, éditions Suzanne Pépin) et des loisirs
axés sur les communications (radio étudiante,
bande dessinée, etc.), Mathieu croyait son
avenir orienté vers l'écriture.
Mais,
peu à peu, le doute l'assaille :
« Je suis quelqu'un de très sociable,
et le travail d'écrivain est un métier
très solitaire. J'ai donc décidé
d'étudier dans un domaine où je serais
davantage en contact avec les gens. »
Mathieu
s'inscrit alors au baccalauréat en
information scolaire et professionnelle à l'Université
du Québec à Montréal, sans toutefois
délaisser sa passion première. Au début,
je n'étais pas sûr d'être à
ma place, car je m'intéressais encore activement
aux arts, raconte-t-il. Mais Mathieu se rend vite
compte que, loin de constituer un handicap, ses aptitudes
artistiques apportent beaucoup à son travail
de conseiller.
Dans
le cadre d'un atelier sur la recherche d'emploi
présenté à des ex-détenus
au Centre de main-d'oeuvre Opex'82, Mathieu réalise
que son côté créatif l'aide à
assumer pleinement son nouveau rôle. En combinant
ses talents de conseiller, de narrateur et de "bédéiste",
Mathieu crée un outil de travail pour aborder
avec les participants un sujet délicat :
les perceptions négatives qu'ils entretiennent
sur le marché du travail. Il invente 5 personnages
(L'orphelin Larmoyant, le Combattant Enragé,
l'Impuissant Bienheureux, etc.) qui caricaturent les
attitudes et croyances nuisibles aux chercheurs d'emploi,
et les présente aux ex-détenus.
Résultat : les langues se délient,
les rires fusent, bref, les participants "embarquent" !
En passant l'information à travers des personnages
comiques, les participants comprennent facilement
et ne se sentent pas jugés, explique Mathieu.
Par l'humour, le message passe en douceur. L'idée
s'incruste et fait son chemin; le travail d'introspection
commence sans souffrance.
Les
personnages de Mathieu aussi ont fait leur chemin :
il les fait maintenant connaître au grand public
dans un livre intitulé Déjouer les
attitudes kamikazes en recherche d'emploi. à
la demande des écoles et des organismes communautaires,
l'auteur fait le tour de la province pour présenter
des ateliers inspirés du livre en compagnie
de sa sœur, qui est comédienne.
Conseils
aux futurs C.O.
À ceux qui souhaitent devenir conseillers d'orientation,
Mathieu recommande de s'engager dans l'action le plus
tôt possible. « à l'université,
on apprend la théorie; mais il faut aussi développer
son aisance avec la relation d'aide, explique Mathieu.
Obtenir un "A" ou un "B", ce n'est pas le plus important.
Ce qui compte, c'est de se former à jouer un
rôle dans la société. »
Mathieu suggère de ne pas attendre les stages
en fin de formation pour acquérir de l'expérience
pratique : le bénévolat offre d'excellentes
occasions d'apprivoiser graduellement le rôle
de conseiller.
Dans
ses contacts avec les clients en tant que conseiller
d'orientation chez Brisson Legris et Associés
à Montréal, Mathieu observe que la qualité
qui lui sert le plus est la sensibilité. « Il
faut être attentif à ce que l'autre nous
communique, être capable de voir en quoi cette
personne est unique », affirme Mathieu.
être conseiller d'orientation, c'est beaucoup
plus que distribuer des monographies sur les professions
ou faire passer des tests de personnalité,
précise-t-il. Souvent, c'est l'aspect psychologique
de la relation avec le choix de carrière qu'il
faut explorer.
Le
rôle du conseiller, poursuit-il, c'est surtout
de chercher quelque chose qui existe déjà
chez la personne. Il l'aide à lever le voile
sur ses aspirations, ses rêves, ses talents;
mais le reste, c'est à la personne de l'accomplir.
Selon
Mathieu, ça prend aussi une bonne dose
d'humilité pour faire un bon conseiller. « Les
sciences humaines, ce ne sont pas des sciences exactes,
souligne-t-il. Elles laissent place à l'intuition,
à l'interprétation. Il faut pouvoir
tolérer l'incertitude, car parfois les résultats
des tests de personnalité se contredisent ! »
D'ailleurs,
l'ambiguïté et le doute, ce sont
des moteurs formidables d'apprentissage et de progrès,
fait remarquer Mathieu. Ce sont les éléments
qui nous permettent de conserver l'ouverture et la
souplesse nécessaires pour saisir les occasions
qui se présentent à nous.
Joignez-vous
aux chercheurs de sens à l'adresse suivante : www.chercheursdesens.com.
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