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LA PRESSE - 17 août 2002


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                                                   CARRIÈRES PROFESSION/ FORMATION
Autosabotage chez les chercheurs d'emploi

Certains individus adoptent, au cours d'une entrevue d'emploi, une attitude qui risque de saboter totalement leurs chances de décrocher le poste convoité. Voici deux exemples de ce type de comportement ainsi quelques conseils pratiques.

Le combattant enragé

Le combattant enragé se sent en situation de crise, sa survie est menacée. Il tente le tout pour le tout, il se dit qu'il n'a rien à perdre: "Tant qu'à mourir, mourons en héros". Il agit avec le désespoir d'un petit animal traqué qui, sans s'en apercevoir, se lance droit dans la gueule du loup. Même s'il n'y croit plus du tout, il continue de foncer pour la forme, n'importe où, continuellement, jusqu'à ce qu'il se sente complètement anéanti.

Plus il se cogne le nez à des portes qui se ferment, plus il interprète le refus de façon personnelle. Dans un autre sens, bien entendu, plus il désespère, moins il est convaincu de la qualité de ce qu'il veut vendre. C'est ainsi qu'il devient son pire ennemi et il se condamne à une escalade qui peut le conduire jusqu'à la dépression.

Le combattant enragé laisse sa rage l'envahir, il s'éparpille alors et néglige sa recherche, il ne prend plus le temps de soigner sa présentation ou de planifier ses actions. Il peut même parfois adopter une attitude arrogante vis-à-vis de l'employeur, parce qu'il est fatigué de cette humiliante mascarade qu'il subit depuis trop longtemps. Le combattant enragé démissionne au moindre signe, il ne sait plus profiter des perches qu'on lui tend. Il peut aussi prendre contact avec l'employeur de manière harcelante, l'étouffer, en insistant trop: "Je veux être sûr qu'il ne m'oubliera pas, celui-là." Les employeurs le refusent et le mettent à l'écart, non parce qu'il ne serait pas compétent, mais parce qu'il adopte une profonde attitude de vaincu.

Le combattant enragé se condamne véritablement à la noyade. Pris de panique, il n'est plus capable de nager, il se débat pour sortir de l'eau et cette volonté de survie l'enfonce davantage, sans qu'il puisse jamais parvenir à remonter seul jusqu'à la surface. Le combattant enragé devra prendre le recul nécessaire face à sa colère. Comme il a le nez trop collé sur ses frustrations quotidiennes, il devient difficile pour lui de considérer l'ensemble de sa situation. Il aurait avantage à trouver de nouvelles façons d'interpréter ce qui lui arrive.

Le bon élève

Le bon élève peut interpréter l'entrevue d'embauche comme un test de sélection où il sera noté sur le nombre de bonnes réponses, alors qu'il devrait beaucoup plus le concevoir comme une prise de contact. Ce bon élève concentre alors son énergie à entrer parfaitement dans le moule, il livre un excellent exposé oral, mais d'où aucune communication réelle ne peut se dégager. La peur de l'erreur l'empêche d'être lui-même et l'oblige à utiliser un langage emprunté. Le bon élève en vient à accentuer tellement l'aspect technique de la recherche d'emploi qu'il dépersonnalise complètement sa candidature. Malheureusement, peu importe les domaines d'emploi qui l'intéressent, c'est surtout à partir de sa personnalité que le chercheur d'emploi réussit à y trouver sa place.

La stratégie du bon élève est simple. Elle consiste à être le plus vague et à paraître le plus polyvalent, afin de laisser un maximum de portes ouvertes.

Le bon élève veut plaire avant toutes choses, il est gentil et il applique à la lettre les consignes qu'il reçoit de toutes parts, mais ses attentes sont souvent démesurées. Il voit l'aide qu'il obtient comme s'il consultait un médium:

Dites-moi quoi faire, quand et comment.

C'est vous les spécialistes, dites-moi ce qui va m'arriver.

Si ça ne marche pas, ça ne vous dérange pas que je vous traîne devant les tribunaux?

Le bon élève aurait avantage à être beaucoup plus attentif à l'effet produit par ses paroles. Le bon élève tirerait profit à s'abandonner un peu plus, à se permettre quelques audaces. Si le bon élève tient absolument à répondre à des normes, qu'il sache qu'une des normes les plus importantes est l'authenticité.

Texte tiré de Déjouer les attitudes kamikazes en recherche d'emploi (Mathieu Guénette), publié chez Septembre éditeur (www.septembre.com ou 1 800 361-7755).

 

 

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